Dimanche 2 juillet prochain, Emmanuel Macron se rendra à Bamako pour assister au sommet du G5 Sahel auquel participent le Mali, le Burkina Fasso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Le grand dossier abordé dimanche sera la lutte contre le terrorisme dans la région. 
 

Une continuité dans les relations entre la France et le Sahel

Lors de ce sommet il va être évidemment question de lutte contre le terrorisme, mais c’est également un test pour les futures relations entre la France et les pays africains francophones. “Il y a aura une certaine  continuité puisqu’Emmanuel Macron, au lendemain de son élection, s’est rendu très vite au Mali pour aller à la rencontre des forces miliaires françaises. Emmanuel Macron est invité à ce sommet du G5 Sahel, il a accepté l’invitation, ce qui marque une volonté de continuité. La politique française dans la région a toujours une grande continuité, pour le meilleur et pour le pire” explique Michel Raimbaud, ancien ambassadeur en Mauritanie, au Soudan et au Zimbabwe, ancien directeur de l’OFPRA, enseignant au CEDS, le centre d’études Diplomatiques et Stratégiques.

Cet ancien diplomate ajoute que l’un des sujets principaux de ce G5 Sahel sera la question de la formation d’une force conjointe, de 10 000 hommes. Cette force viendra s’ajouter à celles, nombreuses, qui sont déjà présentes sur le terrain : la MINUSMA, l’EUTM Mali, les Forces armées des pays concernés ainsi que les forces françaises. La présence de ces nombreuses forces militaires complique l’organisation dans la lutte contre le terrorisme. Cela pose la question du financement.
 

Trop de forces militaires sur place ?

“Au fond, la présence de ces nombreuses forces font désordre. Avec tout ce monde, les résultats ne seront peut-être pas à la hauteur des enjeux. Ce conflit dure depuis 2012. Il y a eu une grande étape, la signature d’un accord de paix entre le gouvernement et les rebelles, qui a isolé les jihadistes. Mais en réalité, on s’aperçoit que les terroristes ne disparaissent pas. On note également que des pans entiers du territoire, notamment au Nord-Mali, échappent au contrôle du gouvernement central” précise encore Michel Raimbaud.

Le Sahel est aujourd’hui confronté directement à la prolifération du terrorisme. “Le Mali n’a été qu’un foyer particulièrement actif. Mais il y a plusieurs organisations terroristes dont Aqmi et Boko Haram. Ces groupes entretiennent des relations fluides. Ce sont des gens qui changent de badge régulièrement” analyse-t-il à ce sujet.
 

Quel avenir pour Barkhane ?

Concernant le déploiement des forces françaises dans la région, avec l’opération Barkhane lancée en 2014 au lendemain de l’opération Serval, Michel Raimbaud conclut en rappelant que “la France ne peut pas maintenir une opération ad vitam aeternam”. Cette opération a déployé, sur la bande sahélo-saharienne, 4 000 soldats français.

 


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