Alors que des initiatives ne manquent dans les pays du Sahel pour les contrer, les terroristes islamistes font montre d’une certaine résistance, déjouant le plan des différentes forces, censées les traquer. Plus de quatre ans après le déclenchement des opérations militaires contre les djihadistes, il est difficile de dire concrètement celui qui a le contrôle de la bande sahélo-saharienne.

A la fois Arabes, Touaregs,  Peulhs ou autres, ils occupent un large territoire qui va des confins de la Mauritanie aux abords du Lac Tchad en passant par les chaînes montagneuses du nord du Mali et le désert nigérien. Eux, ce sont les djihadistes affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ayant occupé le nord du Mali avec armes et munitions à la faveur de la mort de l’ex guide libyen, Mouammar Kadhafi, ils prônent un islamisme radical axé sur la charia, législation d’un islam extrémiste. Toutes les expéditions des Forces armées maliennes pour les débusquer se sont avérées sans succès. Pire, ils avaient entrepris de marcher sur la capitale Bamako. Ils seront stoppés par l’opération française Serval, en 2013. A la faveur  des Accords d’Alger signés en mai et juin 2015, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) un mouvement d’ex-rebelles touaregs et la plateforme des groupes touaregs pro-gouvernementaux ont pu parvenir à un accord avec l’exécutif malien.  

Alors qu’on croyait le sort djihadiste conjuré avec les actions militaires, menées par l’opération française devenue Barkhane et la mission onusienne (Minusma) soutenant l’armée malienne, doublées des initiatives au plan politique, ces « fous de dieu » vont faire preuve d’une autre résistance. Ils multiplient désormais des attaques au Mali, au Niger, au Burkina Faso, même jusqu’en Côte d’Ivoire. Pis, ils mettent en place une alliance dénommée « Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans » et présidée par le terroriste, Iyad Ag-Ghali. Yahya Abu Al-Hammam, l’émir de la région Sahara d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ; Amadou Koufa, chef de la brigade « Macina » d’Ansar Eddine, Al-Hassan Al-Ansari, bras droit de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar (pour le groupe Al-Mourabitoun), et le « juge » d’AQMI Abdalrahman Al-Sanhaji sont ses lieutenants. Conscients qu’ils sont observés, suivis et sentant la menace permanente, les ennemis de la paix au Mali, se renseignent, changent de modes opératoires, d’itinéraires. En plus de maîtriser les voies de l’espace sahélo-saharienne que quiconque, les djihadistes prennent actuellement de l’avance sur les forces régulières et commettent des attaques dont l’armée vient constater le bilan après. Ni le dispositif français, ni la force onusienne n’est désormais épargnée par des attaques de la part des terroristes.

A l’heure où il est de plus en plus question de la création d’une nouvelle force G 5 Sahel, les terroristes islamistes se présentent comme les rois du Sahel, puisque jusque-là, ils déjouent toutes les stratégies des Etats-Majors des forces en présence. La lutte contre le terrorisme a encore de beaux jours devant elle.

Christophe  SESSOU / beninmondeinfos.com

 


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